Projet de naissance, souhaits et désirs exprimés

femme qui écrit - Copie

Notre Projet de Naissance

Nous vous présentons ce projet de naissance afin de confirmer et compléter les éléments de nos échanges pour préparer ensemble l’arrivée au monde de notre bébé.

Bref historique utile pour peser l’importance des mots posés ici par S. et l’importance de ce projet de naissance pour elle : J. ma fille aînée est née il y a 17 ans dans une clinique privée. L’obstétricien et la clinique ont fait l’objet d’un choix personnel, lié à mes convictions sur la naissance et la capacité de la femme à accoucher naturellement (nous sommes faites pour donner la vie). Ce sont aussi mes convictions contre la médicalisation, la surmédicalisation de façon globale et les procédures parapluie des médecins qui m’ont guidée dans cette structure.

J. est née à terme, en siège, par voie basse, sans péridurale ni injection quelconque, expulsée sur quatre contractions, avec comme unique geste médical une épisiotomie parfaitement acceptée pour éviter une déchirure qui me paraissait plus douloureuse et compliquée à cicatriser. C’est après 31h de contractions et de faux travail à la maison puis à la clinique que la poche des eaux s’est rompue et que la dilatation du col s’est faite en 3 heures. J’ai pu accueillir ma fille en peau à peau et la mettre au sein immédiatement. J’ai pu me délivrer du placenta sur une seule contraction sans aucune difficulté. Je suis parvenue à accoucher naturellement grâce à mes convictions, à ma force mentale (26 ans, sportive), à la sophrologie pratiquée en préparation à la naissance, à la musique douce et au chant prénatal. Je n’ai pas compté sur le papa de J. qui a assisté à la naissance la dernière heure, présent pour me rafraîchir avec l’aérosol, me tenir la main, couper le cordon et donner le premier bain. Je garde un merveilleux souvenir de mon accouchement.

Je prévoyais alors pour un second bébé, d’accoucher chez moi ou en maison de naissance. J’ai simplement regretté de n’avoir pu accoucher en baignoire et d’avoir été contrainte de vivre cet accouchement dans une blouse rêche et désagréable à porter, les pieds dans les étriers. Les difficultés post-natales rencontrées ont été : un urticaire géant et une cicatrisation difficile du périnée. Par la suite, la rééducation du périnée faite à plusieurs reprises (manuelle, sonde et kiné) n’a pas vraiment fonctionnée. La faiblesse se fait toujours sentir aujourd’hui.

Et maintenant ? Notre projet de couple vous implique

Nos idées, attentes, craintes et questions transmis ici s’inscrivent dans l’envie de vivre conjointement et activement ce moment unique, privilégié et marquant ; commencement de notre vie de parents. Elles sont le gage de toute la confiance que nous vous accordons pour nous accompagner dans ce moment fort et important. Votre écoute, vos regards de professionnels, votre expérience et vos conseils nous seront indispensables pour finaliser ce projet et tenter de réaliser ensemble un accouchement au plus proche de notre espérance.

Ce projet partagé et finalisé avec vous est une façon de nous assurer de votre bienveillance pour respecter nos envies et de votre soutien pour faire respecter ces attentes. Nous souhaitons, en effet, que vous en soyez les relais et garants auprès de l’équipe médicale de l’hôpital qui nous accueillera quelques jours. Nous espérons que vous pourrez vous adapter à nos craintes et aux aléas au fur et à mesure du déroulement du travail et de l’accouchement, que vous serez notre mémoire commune et notre garde-fou lors qu’émotionnellement ou fatigués nous ne serons plus en capacité d’exprimer nos volontés, ceux qui nous assisterez, qui nous motiverez et veillerez au bon déroulement de cette naissance.

Depuis le début de notre suivi, vous nous avez convaincu de votre écoute, votre attention et votre professionnalisme. Vous avez certainement noté à quel point les conditions naturelles et physiologiques de la naissance de notre bébé sont importantes pour S.  Elle souhaite avant tout profondément rester actrice et « maîtresse » de la situation : sentir pour agir et non suivre une machine ou une voix, vivre et non subir, donner naissance et non être accouchée ; même si toutes vos intentions seront les meilleures. Bien entendu, nous nous en remettrons à vous pour toute situation se compliquant sur un plan médical tant pour S. que pour le bébé. Nous souhaitons simplement le cas échéant que vous agissiez comme vous le feriez pour vous ou vos proches, que vous communiquiez avec nous le plus possible, que vous nous expliquiez, que vous nous éclairiez, nous conseilleriez, nous permettiez de faire un choix si c’était le cas et que vous nous rassuriez.

Au fond, nous avons un seul véritable objectif : ressortir de la maternité à trois en bonne santé.

Ce projet peut paraître ambitieux, exigeant et engageant pour vous. Il est la compilation de « l’idéal » que nous imaginons, pour mettre au monde ensemble le plus naturellement possible notre être cher et pour l’accueillir en douceur dans ce nouveau monde tellement grand, lumineux, peuplé, agité et bruyant en comparaison aux neufs mois passés in vitro. Nous nous apprêtons donc à partager ensemble une belle aventure humaine que nous n’oublierons pas. Ce sera aussi, ne nous le cachons pas, une épreuve physique et mentale telle un marathon, avec des moments de force et de faiblesse, de joie et de douleurs, de volonté et de découragement. Nous passerons la ligne de départ et la ligne d’arrivée ensemble, comptant les uns sur les autres et chacun avec ses missions.

 

Plus précisément, tel qu’elle souhaite être active, S. aimerait que M. soit acteur et non spectateur, qu’il puisse vivre pleinement cette expérience qui le fera naître père et non qu’il la subisse, qu’il participe et accouche à sa manière, qu’il la soutienne, l’aide, la soulage, la distrait, qu’il soit son oxygène et sa force. Elle compte sur vous pour vous occuper de lui autant que d’elle ; souhaitant que vous l’éclairiez sur tout ce qu’il peut faire, que vous l’accompagniez et le guidiez dans ses gestes de soutien et de facilitateur, que vous le rassuriez quand ce sera nécessaire et que vous l’aidiez à prendre confiance en lui dans cette tâche que lui confie S. M. souhaite également pouvoir participer activement à la naissance de son premier bébé. Avoir un enfant était une forte attente et accompagner sa naissance est essentielle. Il veut aider, accompagner et soulager S. autant que possible. Il soutien S. dans ses choix d’accouchement physiologique et mettra en place tout ce qui est possible pour réaliser son souhait et pour minimiser la médicalisation de cette naissance.

M. voudrait couper le cordon, faire le peau à peau avec notre bébé en cas de césarienne et plus généralement il souhaite être impliqué au maximum et que vous lui proposiez tout ce qu’il peut faire tant avec S. qu’avec son enfant.

Concrètement :  PROSCRIPTION ABSOLUE ET NON NEGOCIABLE DE LA PERIDURALE ; quels que soit mon état et ma capacité à m’exprimer, j’interdis à l’équipe médicale de me poser une péridurale pour plusieurs raisons :

o question de physiologie, de principe, de volonté d’accouchement naturel

o désir de mobilité totale

o souhait de sentir les contractions pour m’en servir et accompagner mon bébé

o volonté de vivre pleinement et sentir l’expulsion et l’arrivée de mon bébé

o convaincue qu’elle puisse-être une source de complication pour l’accouchement du fait de ne pas sentir mon corps, de ce qui se passe et donc de ne pas m’adapter

o peur non maitrisable de me faire piquer entre les vertèbres Elle devra être remplacée par votre présence bienveillante et celle de M. pour m’aider à ne pas douter de moi dans les moments les plus intenses et ne pas craquer ou par d’autres alternatives douces à envisager ensemble. 

Les craintes de S. auxquelles vous pourrez peut-être apporter des réponses préalables ou des solutions le cas échéant :

o la présentation en siège qui ne permettrait ni votre présence, ni l’accouchement par voie basse avec certains obstétriciens de l’équipe. (comment pallier à ceci et trouver une alternative ?)

o souffrance du bébé par la durée du travail ou lors de l’expulsion

o le recours à toute manipulation ou matériel pour aider la sortie du bébé

o ne pas avoir la sophrologie pour me détendre et supporter les contractions et crainte que l’haptonomie ne soit pas aussi efficace

o ne plus supporter la douleur ou ne plus avoir la force mentale ou physique d’aller au bout et devoir trouver une alternative à la péridurale (en existe-t-il ? médecine chinoise, hypnose, gaz hilarant, oxygène, anesthésie, … ?)  M. n’a pas de crainte puisqu’il ne sait pas vraiment ce qui l’attend et pense que tout va bien se passer. 

Les désirs de S. pour l’accompagner pendant la durée du travail et pour favoriser un accouchement physiologique :

o utiliser la salle nature ou adapter au mieux une salle avec des conditions douces (lumière tamisée, intimité, calme, musique, huiles essentielles, …)

o porter les vêtements de mon choix et dans lesquels je me sente bien

o être mobile et me déplacer aussi longtemps et souvent que possible

o avoir ma liberté de mouvement pendant le travail et l’expulsion

o que le monitoring soit posé de façon intermittente uniquement

o en cas de besoin et de baisse d’énergie, boire (eau sucrée, infusion) et manger (fruits secs, biscuits, chocolat noir) pendant toute la période du travail (quelles seraient les contre-indications ? seraient-elles vitales ou de la précaution pour les anesthésistes ?)

o bénéficier de médecines douces (homéopathie, acupuncture, autre médecine chinoise, …)

o profiter au maximum de la baignoire avec M. s’il le souhaite

o détente sur le ballon et étirements en couple grâce à vos conseils sur les postures et méthodes

o sur vos conseils, trouver une position qui facilité le passage du bébé dans le bassin, donc ne pas accoucher sur le dos et les pieds dans les étriers

o m’installer dans la position la plus confortable au moment voulu, pouvoir m’appuyer sur M. physiquement pour m’aider. J’imagine qu’il puisse accompagner et sentir la descente et la sortie de notre bébé

o pour soulager les contractions, expérimenter la stimulation du clitoris ou des seins (seule ou en couple) en toute intimité pour ne pas vous mettre mal à l’aise

o laisser la poussée se faire le plus naturellement possible, suivant mon ressenti et sans forcément blocage de la respiration

o m’expliquer où en est le travail et où se situe notre bébé me permettra de l’accompagner et l’aider

o j’approuve la réalisation d’une épisiotomie préventive ou que vous jugez nécessaire pour éviter une déchirure ou faciliter le passage de notre bébé

o je ne souhaite aucune accélération de mon accouchement, de quelque façon que ce soit (sauf urgence vitale pour notre bébé)

o je ne souhaite pas être placée sous perfusion, mais je tolère la pose d’un cathéter si nécessaire par précaution

o attendre les contractions naturelles pour la délivrance du placenta et nous permettre de l’observer avant de le jeter

En cas de complications et d’urgence vitale uniquement :

o toute décision d’intervention médicale concernant notre bébé et moi-même devra être prise en concertation ; elle devra faire l’objet d’un consentement et d’une décision éclairée tripartite (nous, vous, l’équipe médicale de l’hôpital) sur vos conseils et recommandations bienveillantes

o les étapes devront nous être expliquées pour nous rassurer et que nous puissions participer, coopérer

o la présence de la présence de M. en toute circonstance, y compris en cas de césarienne d’urgence devra être envisagée

o j’autoriserai la rupture de la poche des eaux manuellement

o je tolèrerai l’utilisation de toute méthode manuelle ou assistée de matériel pour aider la sortie du bébé en souffrance, à condition que chaque acte soit proposé et non imposé, expliqué et accompli avec bienveillance et respect

o je suis favorable à une césarienne d’urgence à condition qu’elle soit réalisée sous anesthésie générale la plus légère possible pour être réveillée immédiatement après la sortie de notre bébé (existe-t-il une autre solution : hypnose, gaz, oxygène, anesthésie locale qui ne soit ni rachi ni péridurale ?)

o en cas d’anesthésie et césarienne, pour accueillir le bébé en douceur et ne pas rompre brutalement son contact avec moi, peut-on envisager le peau à peau et la mise au sein même si je ne suis pas réveillée? A défaut, permettre le peau à peau avec M. et me réveiller rapidement 

Pour l’accueil de notre bébé : favoriser un accueil en douceur

o maintenir une ambiance douce, tamisée et tempérée

o l’installer immédiatement en peau à peau (même si césarienne) o lui laisser la possibilité de prendre le sein immédiatement

o clamper le cordon qu’une fois qu’il aura cessé de battre et permettre à M. de le faire (à défaut je voudrais essayer de le faire moi-même ou ensemble, est-ce possible ?)

o le garder sur moi pendant la délivrance du placenta

o nous séparer dans les premières heures qu’en cas d’urgence vitale

o lui porter les premiers soins le plus tard possible en présence de M., les limiter au maximum (le laver et l’habiller) et reporter au lendemain tous ceux qui peuvent l’être (mesure, poids, …). Le bain peut-il être donné par M., à côté de moi si je ne suis pas en mesure de me lever pour le faire ensemble ?

o éviter au maximum toute intubation ou aspiration, gastrique ou nasale non indispensable et vitale

 

Pour le séjour : le séjour sera un moment privilégié pour nous reposer, nous retrouver et débuter notre vie à trois, permettant à notre bébé d’arriver et de se familiariser en douceur avec nous et notre monde

o nous souhaitons une chambre individuelle, M. peut-il dormir sur place ?

o nous nous laisserons la possibilité de refuser toute visite le jour de l’accouchement

o pour limiter les dérangements, S. ne souhaite pas être joignable de l’extérieur via le standard téléphonique de l’hôpital (nous communiquerons le numéro direct à qui nous le souhaitons, peut-on être sur une liste anonyme ?)

o nous souhaitons limiter les séparations avec notre bébé si son état de santé le permet

o nous pouvons envisager une séparation la première nuit (pouponnière) pour récupérer si nécessaire

o S. tiens à allaiter notre bébé à la demande

o S. envisage de tirer son lait y compris à la maternité, pour permettre à M. de nourrir également notre bébé et pour en fournir au lactarium (la maternité peut-elle nous fournir un tire-lait ? peut-on avoir la visite du lactarium à l’hôpital et récupérer un tire lait au plus vite ? Qui se charge de les faire venir ?)

o en cas de problème de santé pour notre bébé après sa naissance, nous souhaitons avoir accès à des informations claires et que chaque décision soit prise en concertation avec nous

o nous souhaitons que la proximité mère-enfant soit maintenue au maximum, ou qu’à minima la présence de M. soit possible auprès de notre bébé 

Pour la suite :

o nous souhaitons mettre en place le suivi post-natal pour maman et bébé à la maison

o S.  souhaite un suivi pour la rééducation du périnée 

Synthèse de toutes nos questions :

o Que faites-vous pendant toute la durée du travail à la maternité ? Etes-vous en permanence avec nous ?

o Que faire en cas de siège : comment permettre votre participation pendant le travail et la naissance), comment m’assurer un accouchement par voie basse si la pelvimétrie est positive puisque je l’ai déjà fait?

o Existe-t-il une alternative à la péridurale autre que le mental ? Médecine chinoise, hypnose, gaz hilarant, oxygène, anesthésie, …

o Quelles seraient les contre-indications à s’alimenter et boire pendant le travail ? Les raisons seraient-elles vitales ou de la précaution pour les anesthésistes ?

o Existe-t-il une autre alternative à l’anesthésie générale en cas de césarienne : hypnose, sophrologie, gaz, oxygène, anesthésie locale du ventre qui ne soit ni rachi ni péridurale ?

o En cas d’anesthésie et césarienne, pour accueillir le bébé en douceur et ne pas rompre brutalement son contact avec moi, peut-on envisager tout de même le peau à peau avec moi et la mise au sein même si je ne suis pas réveillée?

o S. peut-elle couper le cordon seule ou avec M. ?

o Le premier bain peut-il être donné par M. à côté de S. en salle d’accouchement?

o M. peut-il dormir à la maternité pendant notre séjour ?

o La maternité peut-elle nous fournir un tire-lait ?

o Peut-on avoir la visite du lactarium à l’hôpital et récupérer un tire lait au plus vite ? Qui se charge de les faire venir ?

o Peut-on être sur une liste anonyme pour ne pas être dérangés par le téléphone au cours du séjour ? Merci pour tout

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